Personnalités importantes

Présentation du recueil

[ NDLR : Ces ouvrages dévoilent les missions Bonus, les évènements précédents les différentes campagnes. ]


Ce recueil regroupe des histoires qui ont façonné le destin des différents continents avant même l’arrivée des nouveaux héros.


L’histoire de Saul
,
dont les décisions difficiles ont scellé l’histoire de la Kryte.


L’histoire de Togo
,
érudit et homme du peuple qui a joué un grand rôle à Cantha.


L’histoire de Turai
,
champion dont tout Elona narre encore la glorieuse bataille.


L’histoire de Gwen
,
depuis la Fournaise jusqu’à son arrivée au service de l’Avant-garde d’Ebon.

L’histoire de Saul et le souvenir qu’il a laissé dans la mémoire des Krytiens commencent de la même manière, le décrivant comme une âme perdue ; mais diffèrent ensuite.

Les Krytiens se rappellent et entretiennent l’héroïsme de Saul, grand homme et fondateur du Blanc-Manteau ; tandis que la version écrite de son histoire montre les choix difficiles qu’il a dû faire pour sauver sa nation des Charrs.




L’histoire de Saul

L’homme déchu

Voici Saul. Laissez-moi vous conter son histoire.
Tandis qu’Ascalon brûlait, les Charrs envahirent la nation de Kryte. L’armée charr se mit en marche à travers les lointaines Cimefroides et se jeta sur la Kryte comme un lion se jette sur sa proie. Déjà affaiblis et divisés, les Krytiens étaient vulnérables.
Lors de l’invation de la Kryte, son sauveur improbable, Saul D’Alessio, errait dans la jungle en attendant sa mort. Joueur, tricheur et ivrogne, Saul avait été banni pour se nombreux forfaits et c’est sur ces terres sauvages qu’il pensait mourir.

Mais au lieu de la mort, il trouva le salut à travers les Invisibles.






Les Invisibles

Les Invisibles étaient des êtres radieux, grands, sveltes et ailés. Ils étaient supérieurs aux Humains mais aussi pleins de bonté à leur égard. Ils soignèrent le corps et l’âme de Saul, lui donnèrent la sagesse et la compassion. Saul retourna en Kryte en homme nouveau porteur d’espoir.
Abandonné par ses dirigeants, trahi par ses compatriotes, affamé et épuisé, le peuple de Kryte s’attroupa sous la bannière de Saul et se rallia à sa cause.
Saul et ses disciples sauvèrent des Krytiens désabusés et sans défense des griffes des Charrs, mais les envahisseurs étaient trop nombreux et les disciples de Saul étaient bien peu.

L’espoir subsistait, mais il nécessitait un dernier sacrifice.


L’ultime mission

Saul et ses fidèles disciples mirent au point un plan désespéré. Ils connaissaient la position du campement charr principal. S’ils pouvaient trouver les chefs charrs et les annéantir, le chaos qui en résulterait donnerait aux autres Krytiens une chance de se rallier… ou de s’échapper.
Saul et ses adeptes ne se faisaient aucune illusion ; ils n’étaient pas des héros et ils savaient qu’ils n’avaient aucune chance de survivre à la force principale d’invasion charr. Tout ce qu’ils pouvaient faire, c’était sacrifier leurs vies pour faire gagner un temps précieux à la Kryte. Saul pensait que leur sacrifice serait utile, car en mourant, ils pouvaient sauver la Kryte.
Leur foi ne leur laissait pas d’autre choix…






Désespoir

Dans l’obscurité de la nuit, Saul et ses fidèles disciples pénétrèrent dans les campements charrs. Ils savaient que la moindre erreur de calcul attirerait l’attention de leurs ennemis et leur serait fatale.
Aprèa avoir atteint le campement principal des Charrs, ils se débarrassèrent du chef charr et de ses lieutenants. Mais leur succès fut bref, car le fracas de la bataille alerta les autres Charrs. Ces bêtes infames étaient assoiffées de sang et de vengeance.
Saul savait que c’était là le prix de leur bravoure. Pour la dernière fois, il s’agenouilla et pria les Invisibles avec le reste de ses troupes.




La délivrance

Cette fois, les Invisibles répondirent à leurs prières. Ils se manifestèrent devant les disciples sans voix de Saul et offrirent de le protéger avec ses plus fidèles serviteurs. Les Invisibles se battraient aux côtés du peuple de Saul et l’aideraient à terrasser les Charrs. Mais l’aide des dieux aurait un prix. Saul accepta avec une confiance aveugle. Les Invisibles firent irruption dans le campement, repoussant les nombreuses vagues d’envahisseurs. Ce jour-là, l’invasion charr échoua et les survivants fuirent en direction des Cimefroides.





L’ascension du Blanc-Manteau

Les Invisibles avaient rempli leur part du contrat et ils réclamèrent leur dû. La Kryte était saine et sauve et les serviteurs les plus fidèles de Saul continuaient à les vénérer et à servir leurs nouveaux dieux. Toutefois, les autres devaient mourir car ils avaient été témoins de la véritable puissance et de la gloire des Invisibles. En voyant ses compagnons succomber, Saul comprit que ses dieux n’étaient ni bons, ni sages.
Les Invisibles avaient promis de le protéger, mais pas comme il l’avait espéré. Afin de l’empêcher de révéler la vérité aux adeptes, les Invisibles emportèrent Saul avec eux. Tandis qu’il disparaissait aux yeux des mortels, Saul réalisa qu’il n’avait pas sauvé son peuple. Il l’avait trahi pour de nouveaux maîtres, plus cruels encore.
Et il pleura : il était un traître qui avait trompé son peuple sans le vouloir et il serait à jamais considéré comme un héros de la Kryte.



Saul : Le souvenir des Krytiens
Retour au choix de l’histoire

Fils du précédent empereur de Cantha et de Yuki, sa concubine bien aimée, Togo grandit au palais et participa à l’évolution de son demi-frère Kisu. Bien que Kisu fût l’enfant destiné au trône impérial, lui et Togo étaient très proches. Le frère aîné fut présent tout au long de l’éducation du futur empereur donnée par les tuteurs du palais. Lorsque Kisu abandonna ses études pour endosser les responsabilités impériales, Togo rejoignit le monastère de Shing Jea, dont il finit par prendre la direction. Dès lors, chacun d’eux s’habitua à régner sur son propre “empire” : Kisu sur l’Empire du Dragon à proprement parler et Togo sur l’institution académique la plus respectée de la contrée. Il n’y eut jamais aucun ressentiment entre les demi-frères, malgré les efforts désespérés de certains subalternes pour les diviser. Mais pour leur sécurité respective, le lien du sang qui les unit ne fut jamais rendu public. Togo devint un Ritualiste accompli et fut à l’origine de plusieurs victoires militaires importantes pour Cantha avant d’être nommé maître du monastère de Shing Jea à la mort du maître Botah. Pour un œil extérieur, Togo semble avoir été éloigné du palais et ne dispose d’aucun pouvoir. Un examen plus attentif révélerait pourtant qu’il est “l’homme de l’ombre” de l’empereur. Kisu ne prend que très rarement une décision importante sans consulter auparavant son demi-frère.

L’histoire de Togo

L’humble érudit

À première vue, Togo n’est rien de plus qu’un simple érudit. Mais en réalité, son nom est révéré des grandes salles du Palais de Raisu jusqu’aux plus petites échoppes de l’impasse de Senji. Partout, les citoyens lèvent leurs verres de vin de riz en son honneur. Il est un modèle de diplomatie et un exemple pour la jeunesse. Même les Tengus font haut cas de lui. Il est considéré comme le sauveur de Cantha.
Il mérite sa réputation, car c’est lui qui mit fin aux Guerres des Tengus.








Les guerres des Tengus

Ce que Togo aimait le plus, c’était se plonger dans l’étude des parchemins, mais la vie lui réservait un destin bien plus héroïque. Son demi-frère, l’empereur Kisu de Cantha, lui demanda de se rendre avec une délégation juqu’au domaine de Wona pour traiter d’une affaire importante.
Pendant des années, les Canthiens avaient affronté les Tengus, une race aviaire fière, impitoyable et rebelle. Lorsqu’il était jeune, Togo s’était battu contre les Tengus et il connaissait que trop bien leur caractère intraitable.
Toutefois, face à ce conflit grandissant, un espoir de paix avait surgi contre toute attente.


La maison de Wona

Wona, le ministre de la guerre impérial, affrontait les Tengus depuis de longues années. Ce fut à la surprise générale que le grand seigneur de guerre convoqua les chefs ennemis à participer à une réunion au sommet sur son domaine.
Wona jubila lorsqu’il appris que Togo comptait assister à la rencontre. La présence du demi-frère de l’empereur légitimerait ses intensions aux yeux des Tengus et jouerait donc en sa faveur.
Ce fut lors d’une journée enneigée que Togo et la délégation impériale arrivèrent au domaine dans l’espoir de renouer des liens pacifiques entre les Hommes et les Tengus. Jamais il n’aurait pensé que l’invitation du ministre n’était autre qu’un piège…





La trahison

L’invitation généreuse de Wona n’était en fait qu’une supercherie pour masque la haine que le ministre portant dans son cœur. Lorsque les délégués furent rassemblés dans son sanctuaire, il fit verrouiller les portes et libéra ses assassins. Son plan : exécuter les chefs tengus en premier lieu, puis crier à la trahison afin d’intensifier le conflit. Pour Wona, la présence de Togo était fortuite. Il imputerai aux Tengus la mort du demi-frère de l’empereur et s’assurerait ainsi son soutien plein et entier. Il ne resterait ensuite plus qu’à repousser les Tengus vers la mer.




Togo et Talon

Togo était bien plus qu’un simple érudit. Dans sa jeunesse, il avait reçu l’entraînement des soldats et maîtrisait parfaitement les arts martiaux. Il rallia les Tengus et les délégués humains et c’est ensemble qu’il repoussèrent cet assaut déloyal. Wona prit la fuite, mais Togo et Talon Ailedargent se lancèrent à ses trousses. Après avoir pourfendu trois de ses serviteurs, Togo mit la main sur Wona et fit cesser son règne de terreur.







Le réconciliateur

En affrontant Wona, Togo prouva aux Tengus qu’il était un homme juste et honnête. À la suite de cette rencontre, les Tengus Sensalis, toujours aussi défiants, se remirent à leur brigandages tandis que les Angchus, plus civilisés, virent en cet évènement une chance d’enterrer la hache de guerre. Maître Togo fit état des réclamations des Tengus à l’empereur et fit en sort d’établir une paix durable. Ses efforts lui valurent le status de héros auprès des Tengus et celui d’homme du peuple auprès des Canthiens.







Retour au choix de l’histoire

On peut admirer près de la Forteresse de Jahai un monument dressé en souvenir de Turai Ossa, le sauveur d’Elona. Ce héros légendaire triompha du seigneur mort-vivant Palawa Joko, la Terreur de Vabbi, à cet endroit précis ; un événement vieux de plusieurs centaines d’années qui marqua la fin d’une époque.

Si cette bataille fut mémorable et a été retranscrite, l’histoire de Turai ne s’arrêta pas là. On peut encore discuter aujourd’hui avec les Eloniens du souvenir impérissable qu’il a laissé. Certains présentent sa victoire et ses hauts faits comme preuves de son héroïsme, alors que d’autres s’axent sur sa recherche de réponses et son pèlerinage, le traitant de fou ou d’orgueilleux.

L’histoire de Turai

La Terreur de Vabbi

Son nom est Turai Ossa. Et voici sa plus glorieuse bataille.
Il y a deux cents ans, les armées mortes-vivantes du seigneur Palawa Joko apparurent dans le désert. Joko trouva un moyen de percer les défenses éloniennes et assiégea les terres vulnérables de Vabbi.
Si Elona avait été unifiée, elle aurait sans doute pu arrêter l’incursion ; mais les princes de Vabbi se dérobaient à leur devoir et l’infériorité numérique et les dissensions au sein des Lanciers du Soleil istanis les rendaient inutiles face à cet implacable assaut. Ce n’est que lorsque Palawa Joko eut mis à ses pieds la majeure partie de Vabbi et que son attention se porta vers les terres du sud qu’il commença à rencontrer une résistance.

Mais il était déjà trop tard.



L’aube de la bataille

Le maréchal de guerre Ossa rallia les villageois et les citadins peuplant la vallée de la rivière Elon. Il mena une grande armée jusqu’aux vastes terres jouxtant la Grande Cascade, où le couloir de montagne se resserrait. Il avait réunit une grande force, mais l’armée de Palawa Joko restait plus puissante. Toutefois, Turai avait un plan. Il avait dans ses rangs un mineur qui connaissait des défilés traversant les collines et menant au Promontoire de Jahai. Cette route tortueuse pouvait aboutir sur l’arrière-garde de Joko… et donc sur Joko lui-même. Les éclaireurs confirmèrent que ce côté était mal défendu et Turai pensait qu’une petite escouade de guerriers puissants aurait des chances de percer ces lignes ennemies.


Une attaque sournoise

C’était une mission désespérée et Turai Ossa choisit de la mener lui-même. Il se fit accompagner de ses gardes du corps les plus loyaux, d’un groupe de Lanciers du Soleil istanis et de quelques réfugiés humains de Vabbi. Ce groupe était composé des représentants des trois provinces éloniennes, et tous avaient un intérêt personnel dans le dénouement du conflit.
Les meilleurs commandants de Turai avaient pour tâche de tenir le front contre la horde dévastatrice de Joko. Ils espéraient pouvoir contenir l’immense armée assez longtemps pour que Turai et ses hommes puissent arpenter le chemin tortueux latéral et prendre Palawa Joko par le flanc. Si Turai pouvait éliminer le seigneur mort-vivant, ses forces éloniennes auraient alors une chance de survivre à l’armée des ténèbres.
Mais si Turai échouait, il entraînerait Kourna dans sa chute…



Au dessus de Jahai

Le maréchal de guerre Ossa et son groupe s’infiltrèrent dans le labyrinthe de passages et de canyons au-dessus du Promontoire de Jahai. De ces hauteurs, ils virent les forces de Palawa Joko se battre contre les armées humaines. Ils savaient que le temps leur était compté et ils continuèrent leur marche. Le flanc de Joko n’était pas complètement dénué de défenses et Turai fut bloqué dans les canyons par des gardiens morts-vivants et des corsaires mercenaires. Mais lui et ses hommes finirent tout de même par atteindre le campement de Joko qui trépignait déjà pour son imminente victoire.


Le duel

Turai Ossa défia le vaniteux seigneur mort-vivant dans un combat singulier. Celui-ci ne put résister à la tentation d’abattre le maréchal de guerre de ses propres mains et les deux chefs se livrèrent un combat sans merci depuis les hauteurs du promontoire. Sous les yeux ébahis de leurs disciples respectifs, Turai vainquit Joko et le seigneur mort-vivant tomba dans le vide. En bas, dans les plaines, la détermination des hordes mortes-vivantes s’étiola pour enfin disparaître. Les forces de Turai poussèrent des cris de victoire alors que les légions ennemies se dispersaient.




L’inhumation de Joko

Mais malgré sa défaite, le seigneur mort-vivant restait indestructible. Les gardes de Turai claquemurèrent Joko dans un endroit où personne ne viendrait jamais l’importuner. C’est là que le fléau de Vabbi tomberait dans l’oubli, avec pour seules compagnes sa haine et sa faiblesse, gardé par les disciples de celui qui l’avait enterré jusqu’à la fin des temps. Turai servit son peuple et sa victoire à la bataille de Jahai restera gravé dans les mémoires. Depuis ce jour, ses descendants règnent sur Kourna et Turai Ossa est connu comme le plus grand champion d’Elona.





Turai : Le souvenir des Eloniens
Retour au choix de l’histoire

Née à Ascalon, Gwen a vu des atrocités dans son enfance, son pays et sa famille anéantis par les Charrs. Après la Fournaise, elle a été capturée et réduite en esclavage par les Charrs, mais a réussi à s’échapper pour fuir vers le nord où elle a rencontré d’autres exilés humains.

Depuis, Gwen est devenue une aventurière. Elle habite l’Oeil du Nord, le quartier général de l’Avant-Garde d’Ebon, où elle sert le capitaine Langmar. C’est une farouche protectrice d’Ascalon, déterminée à prendre sa revanche sur ceux qui ont détruit sa patrie. Gwen a vécu aux abords du territoire charr pendant des années, d’où elle les observait détruire ses rêves d’enfant et sa merveilleuse patrie. Ses souvenirs sont tout ce qui lui reste, et c’est la colère qui la fait survivre. Elle n’est plus la fillette qu’elle était…

L’histoire de Gwen

La fin du monde

Voici Gwen. Laissez-moi vous conter son histoire. Elle avait dix ans lorsque la Fournaise consuma Ascalon. En quelques heures, Gwen perdit sa famille, sa patrie et son enfance, tandis que la furie des cieux invoquée par les chamans charrs détruisait son monde. Ce jour là, des milliers d’ascaloniens périrent et autant prirent la fuite. Gwen erra seule dans les décombres d’une nation perdue, attendant désespérément l’aide d’une main salvatrice. Mais c’est la main de ses bourreaux, les Charrs, qui lui fut tendue.







La première évasion

Les Charrs ne tuaient pas les jeunes Humains, ils les réduisaient en esclavage. Pendant sept années, Gwen fut forcée de travailler au rythme insoutenable des coups de fouet de ses tyrans. Elle vit ses compagnons de misère tomber sous le poids écrasant de leur labeur et succomber aux coups. Le sentiment de peur qui pesait sur son âme se transforma en une rage incommensurable. Lorsque l’occasion se présenta enfin, Gwen prit la fuite et se jura que plus jamais elle ne serait retenue captive. Sa liberté ne dura qu’un court instant… Elle fut vite reprise par les Charrs. Au lieu de la tuer, ils décidèrent qu’elle pourrait leur servir une dernière fois, pour les divertir un peu.


Dans l’arène

Les Charrs avaient bâti des arènes dans leurs camps militaires pour la gloire de leurs légions. Dans ces enceintes, des Humains étaient jetés en pâture à des bêtes sauvages. Ce sport sanguinaire était fort apprécié des Charrs qui applaudissaient tandis que les proies sans défense se faisaient éviscérer. Maintenant, c’était son tour. Elle n’était qu’une autre distraction, une autre prisonnière parquée dans un enclos à attendre le moment fatidique de sa mort violente. Elle espère avoir la force de surmonter cette épreuve. Et elle prie pour pouvoir un jour prendre sa revanche…







À travers les ruines

Gwen terrassa la bête des Charrs grâce à sa ruse et à son oeil d’aigle et fuit par un labyrinthe de tunnels souterrains sillonnant le nord d’Ascalon. Dans ces ruines, elle reconnut l’œuvre des Charrs… des restes ensevelis d’années de mise à mort. C’est dans cet abattoir qu’elle découvrit également un pouvoir, des sorts d’envoûteurs griffonnés dans un vieux grimoire.




L’Avant-garde d’Ebon

Ressortie plus forte de son épreuve, mais toujours seule sur le territoire charr, Gwen se donna pour objectif d’atteindre les lointaines montagnes qu’elle voyait comme une promesse de liberté. Si elle était capturée à nouveau, sa mort serait lente et douloureuse. Ses bourreaux ne lui feraient aucun cadeau. Les prières de Gwen furent entendues ; elle rencontra par hasard un groupe d’Humains libres, des soldats ascaloniens postés en plein cœur du territoire ennemi. Ils se faisaient appeler l’Avant-garde d’Ebon et leur chef était le Capitaine Langmar, un vétéran aguerri.





La championne d’Ascalon

Gwen se mit au service de l’Avant-garde d’Ebon. Ces années de travail forcé et de punition firent de cette petite fille innocente une femme redoutable dont les actes étaient guidés par la rage et une profonde terreur de ses ravisseurs. Le temps l’a aidée à maîtriser ses émotions. Dans sa courte vie, Gwen a connu la haine et la pitié et elle sait quand choisir entre les deux. Elle est devenue la championne d’Ascalon.








Retour au choix de l’histoire

Saul : Le souvenir des Krytiens

Le Blanc-Manteau

Il existe deux sortes d’humains en Kryte : ceux qui sont voués au culte de l’Invisible et ceux qui ne le sont pas. Les fidèles se font appeler le Blanc-Manteau, à cause des longues robes blanches que portent nombre d’entre eux.

Le Blanc-Manteau a la charge de surveiller les humains et de leur imposer les règles et les lois de l’Invisible. Ceux qui appartiennent à l’organisation se doivent eux-mêmes de respecter ces règles et d’appliquer les ordres transmis par le grand prêtre de l’Invisible. En contrepartie, ils disposent de privilèges particuliers (plus de nourriture, meilleurs vêtements, accès aux livres). Pour les Krytiens, le Blanc-Manteau est la source de la loi et de l’ordre, le protecteur, voire le sauveur de leurs terres.

Le Blanc-Manteau possède des temples sur l’ensemble du continent. Ses membres choisissent généralement, mais pas toujours, de résider dans ces temples pour mieux accomplir leur devoir envers l’organisation, et pour faire dévotion à l’Invisible dans les meilleures conditions.

Depuis la fin de la dernière Guerre des guildes et de la tentative d’invasion des Charrs, le Blanc-Manteau entretient un haut niveau de préparation militaire. Il redoute d’être à nouveau pris par surprise et conserve dans ses temples de grandes réserves d’armes, en cas d’urgence. On compte aussi parmi les fidèles du culte de nombreux guerriers bien entraînés. Les compétences militaires pourraient s’avérer utiles le jour où il faudra de nouveau défendre la Kryte contre d’éventuels envahisseurs.

Saül d’Alessio : fondateur du Blanc-Manteau

Saül d’Alessio était une âme perdue. Alcoolique et joueur invétéré, Saül toucha le fond lorsqu’il perdit un pari qu’il ne put rembourser. À cette époque, les paris locaux étaient contrôlés par le Fer à Cheval, une guilde de jeu dont l’influence s’étendait sur presque tout le continent. Afin d’honorer sa dette, Saül se mit à dévaliser les marchands qui sillonnaient la route entre Beetletun et Shaemoor. Bien qu’il s’acquittât de sa dette au Fer à Cheval, il fut finalement dénoncé par l’une de ses victimes et jugé pour vol. Il fut alors banni du royaume de Kryte. Les autorités locales lui bandèrent les yeux et le firent marcher pendant trois semaines avant de l’abandonner à son triste sort.

Seul, sans le sou et perdu, Saül erra pendant trois jours dans une forêt dense, se nourrissant de baies et de racines. Au quatrième jour, affamé, Saül sortit du bois et vit ce qu’il crut d’abord être une hallucination : une cité aux immenses tours s’élevant jusqu’au ciel. L’architecture était éblouissante et les créatures qui y vivaient lui étaient totalement inconnues. En se dirigeant vers la ville, Saül observa de plus près ses habitants. Ils étaient grands et minces, et possédaient des sortes d’ailes qui s’agitaient dans les brises les plus légères. Lorsqu’ils marchaient, leurs pieds semblaient ne pas toucher le sol. Et lorsqu’ils parlaient, leurs voix étaient plus mélodieuses que tout ce qu’il avait jamais entendu. Ces créatures ne pouvaient être que d’essence divine. Affamé et fatigué, ses vêtements en lambeaux et sales, Saül tomba à genoux et toucha le sol de son front. Il avait trouvé ses dieux et ceux-ci, en retour, venaient de recruter leur disciple le plus dévoué.

Lorsque Saül d’Alessio retourna en Kryte, c’était un homme changé. Ses guenilles avaient disparu et il portait désormais une superbe robe blanche sans manches, brodée de fil d’or. Ses traits malades et creusés par l’alcool étaient à nouveau plein de vie. Il ne buvait plus et ne cherchait plus la fortune dans les jeux de hasard. Il avait désormais un but dans la vie. Il était venu porter la bonne parole aux Humains de Kryte.

À cette époque, l’Empire de Kryte était engagé dans deux guerres : la première contre les guildes des autres nations humaines, la seconde contre les horribles Charrs. La nourriture commençait à manquer, les envahisseurs brûlant les récoltes et les champs. Saül s’adressa alors au peuple, lui offrant l’aide de ses puissants dieux mystérieux.

La nouvelle foi de Saül était si forte qu’en peu de temps, il rassembla quelques fidèles. Lui et ses croyants voyagèrent en groupe, recrutant des disciples et leur offrant le salut en ces temps difficiles. Bien que personne n’aie jamais vu les dieux ailés ni leurs villes aux immenses tours, ils crurent Saül sur parole. Saül était un berger et ses brebis le suivaient pas à pas. Les plus convaincus recevaient une robe blanche, brodée de fil d’or.

Le Blanc-Manteau était né.

Vaincu, surpassé en nombre, laissé sans chef et devant faire face à une mort presque certaine, le peuple de Kryte se tourna vers Saül, son dernier espoir. De messager, Saül d’Alessio fut promu général d’une grande armée. Soutenus par leur nouvelle foi et par leur nouveau chef, la Kryte et le Blanc-Manteau parvinrent à repousser les Charrs au-delà des montagnes.

Bien que victorieux, Saül trouva la mort lors de la guerre qui devait libérer les humains de Kryte. Au cours de la dernière offensive contre les Charrs, Saül emmena ses troupes en territoire ennemi. Son réseau d’espions, habituellement si efficace, l’avait mené droit à sa perte. Les Charrs se tenaient en embuscade et les créatures bestiales massacrèrent les hommes jusqu’au dernier. Saül devint alors un martyre du Blanc-Manteau. Son enseignement perdure aujourd’hui encore par le biais des temples, et son nom orne une côte maritime au sud de la Kryte, en mémoire de l’homme qui apporta paix et prospérité au peuple de cette région tropicale.



Retour à l’histoire de Saul
Retour au choix de l’histoire

Turai : Le souvenir des Eloniens

Palawa Joko et Turai Ossa

Depuis l’ère de la Dynastie déchue, les trois provinces d’Elona, Vabbi, Istan et Kourna, s’étaient tenues éloignées de toute forme de politique étrangère. Chaque province avait bien sûr dressé ses propres plans de défense contre les étrangers : Kourna disposait d’une puissante armée, les Istanis étaient connus pour leur marine surveillant les mers sans relâche, mais à l’époque de Turai, les princes marchands de Vabbi se croyaient à l’abri d’une invasion grâce à la nature infranchissable de leur septentrion. Une erreur qui se révéla fatale.

Palawa Joko prit la tête d’une armée d’envahisseurs qu’il fit passer par les mines de Vabbi, s’infiltrant ainsi discrètement dans la province la plus au nord d’Elona. Les gardes qui surveillaient les domaines des princes marchands n’étaient pas prêts à faire face à une armée entière. Pris par surprise, les partisans de Vabbi furent rapidement éliminés. Grâce à une série d’attaques éclairs, la Terreur de Vabbi captura les domaines des riches citoyens de Vabbi pour forcer ses ennemis à reculer.

Par la suite, Palawa conquit impitoyablement le reste du pays en progressant de région en région. En quelques mois, il repoussa les armées d’Elona, affermissant sa puissance à chaque nouvelle conquête. Palawa Joko s’autoproclama souverain du pays et son règne fut une ère de tyrannie et d’oppression. En moins de deux ans, l’armée de Kourna fut réduite à une rébellion affaiblie, une alliance de fugitifs menée par un maréchal de guerre renégat : Turai Ossa.

En utilisant des tactiques de guérilla éclair, le maréchal Turai harcela les soldats du Seigneur Joko à la moindre occasion. Ce qui restait de l’armée de Kourna avait désespérément besoin d’une victoire mais leurs forces s’épuisaient. Ses loyaux partisans finirent encerclés près de la Grande Cascade de Jahai où ils se préparèrent à livrer leur ultime bataille.

La défaite de Turai aurait signé la fin de la liberté pour Elona ; son armée ne pouvait donc ni se rendre, ni fléchir. La boucherie dura plusieurs jours. Chaque soir, le champ de bataille demeurait inchangé ; les deux armées refusaient de céder un pouce de terrain à l’autre. Pour mettre fin au massacre, Turai Ossa défia courageusement le commandant ennemi en combat singulier. À l’aube, Ossa et Joko croisèrent le fer… Et le monument de Jahai indique aujourd’hui l’endroit exact où Ossa parvint à triompher de la Terreur de Vabbi.

Elona venait d’apprendre l’humilité et pouvait à présent se reconstruire. Secoué et étourdi, le peuple se rallia derrière Turai Ossa. Les princes de Vabbi récupérèrent leur fortune et l’utilisèrent au service des réparations. Certains pensent que Turai fut choisi par les cinq vrais dieux pour libérer sa nation et nombreux sont ceux qui virent dans sa victoire le signe d’une faveur divine. Le peuple de Kourna fit de lui son maréchal de guerre alors que les autres provinces avaient un cruel besoin de chef. Peu après, Turai fut sacré roi de l’ensemble d’Elona. Le roi Turai Ossa réussit là où des générations de prétendants au trône avaient échoué et il unifia la nation pour former un seul et même peuple.

Le roi Turai avait alors la fortune, le pouvoir et l’influence mais il aspirait à accomplir de plus hauts faits. Il régnait officiellement sur un peuple reconnaissant, mais en secret il passait ses nuits à étudier une sagesse ancestrale. Plus il lisait, plus il s’interrogeait sur le rôle des dieux dans sa vie. S’il avait été choisi par eux pour être le sauveur de sa nation, peut-être était-il destiné à de plus grandes réussites encore.

Passionné par les mystères, Ossa chercha des réponses dans l’Ascension, l’état de communion avec les dieux. Il savait que cette voie passait par les contrées sauvages du nord d’Elona, des terres menées par Palawa Joko quelques années plus tôt. Turai abandonna les rênes du pouvoir et transmit le titre de maréchal de guerre à son fils, Kunai. Depuis cette époque, le titre de maréchal de guerre est devenu héréditaire à Kourna ; et il s’est transmis de génération en génération chez les descendants de Turai Ossa.

Turai et ses partisans entamèrent alors un pèlerinage vers le nord jusqu’au Désert de Cristal, là où les dieux marchaient autrefois parmi les hommes. Ses loyaux compagnons érigèrent des temples et des piliers s’élevant vers les cieux, mais l’Ascension lui échappait toujours. Au lieu de la vie éternelle, il ne découvrit que les tourments d’une non-vie tout aussi éternelle. Aujourd’hui encore, il erre sur terre sous la forme d’un fantôme. Nombre de ses partisans succombèrent en même temps que lui et leurs fantômes hantent toujours le Désert de Cristal.

Certains Eloniens se souviennent de Turai pour son héroïsme ; d’autres se souviennent de lui comme un fou que l’orgueil conduisit vers un pèlerinage voué à l’échec. Depuis cette époque lointaine, plus aucun souverain n’a régné sur l’ensemble d’Elona ; les trois provinces sont restées séparées mais égales. À ce jour, les descendants de Turai Ossa règnent toujours sur Kourna. Le maréchal Varesh Ossa représente la dernière génération de cette lignée et elle partage avec son ancêtre une fascination pour le rôle des dieux dans la vie des humbles mortels.

Quant à Turai, il continue à veiller sur Elona, guidant ceux qui veulent suivre la voie des héros. Les érudits savent de lui qu’il fut le sauveur de Kourna, l’homme qui triompha seul de la Terreur de Vabbi ; mais pour beaucoup, il n’est que le Héros Spectral, un champion qui erre dans les contrées sauvages du nord d’Elona, éternellement prêt à se ranger aux côtés des plus ardents défenseurs de la nation.



Retour à l’histoire de Turai
Retour au choix de l’histoire

Liste de tous les ouvrages
Livres de campagnes : Prophéties du Chercheur de la FlammeRetour de ShiroCrépusculeLivre du Héros
Autres : Personnalités importantesJournal de ZhoManuel d’utilisation du Golem